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<title>ungendarmeautchad</title>
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<title>PREMIER JOUR - JOUR DU DEPART</title>
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<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Samedi, 4 d&eacute;cembre, 5h00, nuit claire, ciel d&eacute;gag&eacute; illumin&eacute; par les &eacute;toiles. Temp&eacute;rature ext&eacute;rieure -5&deg;c, il g&egrave;le &agrave; ne pas mettre la famille dehors. Il faut pourtant partir, la mission n&rsquo;attend pas. Le coffre de la voiture d&eacute;borde de sacs de voyage. On s&rsquo;entasse dans l&rsquo;habitacle. Le cuir des si&egrave;ges est glac&eacute;. Le froid nous fait regretter la chaleur et la douceur de nos couettes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Sortis de la ville, l&rsquo;air chaud de la ventilation r&eacute;chauffe nos corps encore endormis. L&rsquo;autoroute s&rsquo;ouvre devant nous. La radio annonce les sempiternelles m&ecirc;me nouvelles qui n&rsquo;en sont plus. Pourquoi s&rsquo;en soucier, demain je serai sur une autre plan&egrave;te. La m&eacute;t&eacute;o, je tends l&rsquo;oreille. Neige, verglas, un joli temps d&rsquo;hiver. L&rsquo;avion d&eacute;collera-t-il&nbsp;? Croisons les doigts.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La grande ville qui s&rsquo;&eacute;veille. La gare, monstruosit&eacute; b&acirc;tarde de classicisme allemand et de futurisme rat&eacute;. Nous d&eacute;barquons, famille et bagages, et montons sur les quais. Le train est d&eacute;j&agrave; l&agrave;, ronronnant, pr&ecirc;t &agrave; bondir dans la nuit. Je rep&egrave;re ma place. J&rsquo;ai un voisin. J&rsquo;aurai d&ucirc; choisir une place en premi&egrave;re classe. Trop tard, je dois m&rsquo;en contenter.  Derni&egrave;res embrassades, plaisanteries de circonstance, il est temps de partir, le chef de gare s&rsquo;impatiente. J&rsquo;agite la main par la fen&ecirc;tre pour un ultime geste d&rsquo;adieu et le TGV s&rsquo;&eacute;lance &agrave; travers la campagne blanche de neige, vers l&rsquo;a&eacute;roport, vers l&rsquo;Afrique.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Trois heures plus tard, miracle de la technologie et de la vitesse mais al&eacute;as de la m&eacute;t&eacute;o, j&rsquo;arrive &agrave; Charles de Gaulle. Mes sacs sont lourds, encombrants. Ils p&egrave;sent &agrave; ma main, scient mes &eacute;paules. Quelle merveilleuse invention que les valises &agrave; roulettes mais je n&rsquo;en profite qu&rsquo;&agrave; moiti&eacute;. Embarquement &agrave; 16 heures, toute une journ&eacute;e &agrave; perdre.  J&rsquo;enregistre mes bagages et je tra&icirc;ne dans l&rsquo;a&eacute;rogare, un &oelig;il sur le tableau des d&eacute;parts. Il commence &agrave; neiger mais l&rsquo;horaire devrait &ecirc;tre respect&eacute;. J&rsquo;en profite pour poursuivre les aventures de BLOMKWIST et SALANDER. C&rsquo;est un pav&eacute;, en anglais qui plus est, mais j&rsquo;avale les pages. Il ne finira pas le voyage et c&lsquo;est le seul livre dans mes bagages. La faim m&rsquo;appelle, 11h30, peut &ecirc;tre un peu t&ocirc;t, mais le petit d&eacute;jeuner remonte &agrave; pr&egrave;s de 06 heures. Je prends le temps de d&eacute;guster une entrec&ocirc;te d&rsquo;Angus saignante, la cuisson est bonne et la viande aussi, et un 33cl de bi&egrave;re. Les frites sont quelconques, trop brunes. Je n&rsquo;oublie pas ma petite pilule de doxycycline, mon petit vade mecum des sept prochains mois. Je r&egrave;gle 24 euros. Il se mouche pas avec les doigts l&rsquo;ami PAUL.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je me dirige vers la zone d&rsquo;embarquement. On est pas loin du strip-tease au contr&ocirc;le de s&eacute;curit&eacute;, enlever sa ceinture, enlever ses chaussures, vider ses poches. Heureusement il n&rsquo;y a pas trop de monde. Porte E57 dit mon billet, E60 m&rsquo;a-t-on dit &agrave; l&rsquo;enregistrement, finalement un panneau lumineux me renvoie &agrave; la E51. Embarquement dans trois heures, je suis seul pour l&rsquo;instant. Je me fais un petit film sur mon ordi portable, ENNEMY MINE. Le sc&eacute;nario est plut&ocirc;t banal, les effets sp&eacute;ciaux datent un peu mais il se laisse regarder. Il me renvoie surtout &agrave; des temps plus insouciants, 25 ans plus t&ocirc;t. Je surveille le panneau d&rsquo;information et garde mon oreille aux aguets des messages incompr&eacute;hensibles qui r&eacute;sonnent dans le hall. HORAIRE RESPECTE dit le premier mais les seconds &eacute;gr&egrave;nent les vols retard&eacute;s les uns apr&egrave;s les autres.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;15h15, le panneau d&rsquo;information me renvoie &agrave; la porte E52. L&rsquo;horaire sera n&eacute;anmoins toujours respect&eacute;. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La salle d&rsquo;attente se remplit peu &agrave; peu, des europ&eacute;ens, des africains, quelques asiatiques dont la pr&eacute;sence m&rsquo;&eacute;tonne. Des chinois &agrave; la conqu&ecirc;te d&rsquo;un nouveau continent&nbsp;? Qu&rsquo;importe. Il continue &agrave; neiger. Happy end &agrave; la fin du film, comme il se doit. Je fais les 100 pas. J&rsquo;attire les formes monstrueuses d&rsquo;un A380. Je devrai me contenter d&rsquo;un A319. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Moins d&rsquo;une demi-heure avant l&rsquo;embarquement, l&rsquo;in&eacute;vitable? tant redout&eacute;, tellement attendu, se produit, vol retard&eacute; en raison des mauvaises conditions m&eacute;t&eacute;orologiques. 30 minutes de retard, pas de quoi fouetter un chat. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous embarquons enfin. Ma place est au fond de l&rsquo;avion, il sera plein, nous serons un peu serr&eacute;s.  Je suis c&ocirc;t&eacute; hublot, je pourrai admirer le paysage. Pour ce que j&rsquo;en verrai, il fait presque nuit. A la demande du steward, j&rsquo;&eacute;change ma place avec la femme de mon voisin. Je me retrouve derri&egrave;re les ailes, toujours c&ocirc;t&eacute; hublot. Par chance, nous ne sommes que deux sur la trav&eacute;e, une grosse dame africaine c&ocirc;t&eacute; couloir. Je serai &agrave; l&rsquo;aise. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le commandant de bord annonce un nouveau retard. Nous ne d&eacute;collerons pas avant 18h30.  THE CLASH sur les oreilles, je me replonge dans MILLENIUM, indiff&eacute;rent au brouhaha de la cabine. Nous bougeons enfin. Nous prenons place dans la file des avions en attente. Il fait d&eacute;finitivement nuit. Des camions grue nous arrosent de d&eacute;givrant et nous d&eacute;collons enfin.  &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Paris glisse sous l&rsquo;aile. Vue du ciel, un soir d&rsquo;hiver, elle m&eacute;rite bien son surnom de Ville Lumi&egrave;re. Les avenues illumin&eacute;es tissent une f&eacute;&eacute;rique toile d&rsquo;araign&eacute;e. Je reconnais la Tour Eiffel, l&rsquo;Arc de Triomphe, le Louvre. Le bois de Boulogne est un trou noir engloutissant les rivi&egrave;res brillantes de la circulation.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je tourne encore quelques pages et AIR France fait montre de l&rsquo;excellence de son service, serviette chaude pour se &laquo;&nbsp;rafra&icirc;chir&nbsp;&raquo;, petit whishy en ap&eacute;ritif, allumettes de saumon fum&eacute; en entr&eacute;e, poulet et p&acirc;tes pennette &agrave; la cr&egrave;me avec sauce tomat&eacute;e au basilic et &agrave; l&rsquo;origan, camembert, mandarine, tartelette normande, th&eacute; et un ultime cognac en digestif. Rassasi&eacute;, j&rsquo;abandonne l&acirc;chement SALANDER en bien mauvaise posture, page 232 de l&rsquo;&eacute;dition MACLEHOSE PRESS, et je m&rsquo;abandonne moi-m&ecirc;me mais dans les bras de Morph&eacute;e pendant que des &icirc;lots de lumi&egrave;re inconnus s&rsquo;enfuient en dessous de moi. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je somnole plut&ocirc;t que je dors. A travers le hublot, les &eacute;toiles sont invisibles, le sol est un immense n&eacute;ant, seule l&rsquo;aile &eacute;clair&eacute;e de l&rsquo;avion nous retient &agrave; la r&eacute;alit&eacute;. ZZ TOP me berce de son blues. Texas et Tennessee r&eacute;sonnent &agrave; mes oreilles pendant que l&rsquo;Afrique m&rsquo;engloutit.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous sommes en approche de N&rsquo;DJAMENA, la cabine se r&eacute;veille, s&rsquo;&eacute;broue, s&rsquo;active. Je range mon IPOD, mon livre, mes lunettes, tout ce petit imp&eacute;dimenta que l&rsquo;on &eacute;tale toujours autour de soi lors des longs voyages. La ville se d&eacute;couvre, une lumi&egrave;re au milieu de rien qui grandit et se r&eacute;pand. Les art&egrave;res, les rues se dessinent, trac&eacute;es au cordeau. Dans la lueur des phares, je devine le d&eacute;sert, un fleuve, des maisons basses, le d&eacute;but de la piste, le d&eacute;but d&rsquo;une nouvelle vie. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Il est 23h30, je descends de l&rsquo;avion. J&rsquo;ai abandonn&eacute; mes polaires, mon bonnet de laine, souvenirs d&rsquo;un lointain hiver, &agrave; quelques heures d&rsquo;ici mais &agrave; des milliers de kilom&egrave;tres. Il fait chaud, chaud et sec, rien d&rsquo;insupportable, la douceur d&rsquo;une soir&eacute;e d&rsquo;&eacute;t&eacute; chez nous. L&rsquo;a&eacute;roport fait tr&egrave;s provincial, tr&egrave;s arri&egrave;re pays. Il est petit, us&eacute;, d&rsquo;un d&eacute;nuement presque exemplaire. D&eacute;barquement, passage de la douane, des formalit&eacute;s au sens propre comme au figur&eacute;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;J&rsquo;ai pr&eacute;venu de mon arriv&eacute;e, pas de mon retard, j&rsquo;esp&egrave;re que l&rsquo;on m&rsquo;attend. Dans le hall, des africains bien s&ucirc;r, quelques europ&eacute;ens. Ils m&rsquo;aper&ccedil;oivent avant que je les devine. Je suis plus que reconnaissable avec mon vieux sac &agrave; dos militaire tr&egrave;s typique. Ils s&rsquo;avancent tous les quatre vers moi. Les pr&eacute;sentations sont vite faites, le COMPREOT, Yves, Fr&eacute;d&eacute;ric, Fabien. Moi c&rsquo;est Jean Fran&ccedil;ois. Une poign&eacute;e de main, quelques paroles de bienvenue convenues et nous sommes d&eacute;j&agrave; dans la rue. Quelques v&eacute;hicules sont gar&eacute;s devant l&rsquo;a&eacute;rogare, pas un passant au-del&agrave; des abords imm&eacute;diats de l&#039;a&eacute;rogare.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le COMPREVOT fait bande &agrave; part, nous partons de notre c&ocirc;t&eacute; dans un 4X4 japonais plut&ocirc;t empoussi&eacute;r&eacute;. Les voies sont larges, &eacute;clair&eacute;es mais vides, de tr&egrave;s rares pi&eacute;tons, quelques v&eacute;hicules, de hauts murs de part et d&rsquo;autre. La ville est tranquille, silencieuse, presque d&eacute;sert&eacute;e. Est-ce l&rsquo;&eacute;clairage ou bien tout me para&icirc;t d&rsquo;un jaune poussi&eacute;reux&nbsp;? &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Au-del&agrave; d&rsquo;un carrefour, la base appara&icirc;t. Grillages, barbel&eacute;s, merlons de terre, miradors, bunkers, sacs de sable, gardes en armes, le tout-venant d&rsquo;un camp fortifi&eacute;. Peu de risques ext&eacute;rieures en cette p&eacute;riode de r&eacute;conciliation nationale mais pr&eacute;caution est m&egrave;re de s&ucirc;ret&eacute;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La base est chichement &eacute;clair&eacute;e. Ses immeubles se cachent dans l&rsquo;ombre mais tout cela me para&icirc;t h&eacute;t&eacute;roclite, vieillot, d&rsquo;un entretien incertain. L&rsquo;immeuble o&ugrave; mes coll&egrave;gues me m&egrave;nent n&rsquo;est pas de toute premi&egrave;re jeunesse, loin s&rsquo;en faut, mais il est propre. Je b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;une chambre de &laquo;&nbsp;passage&nbsp;&raquo; plut&ocirc;t bien garnie. Des moutons broutent sous les lits, un cadavre de criquet tra&icirc;ne dans un coin. Il y a un frigo avec quelques bouteilles d&rsquo;eau, deux climatiseurs assez modernes, avec t&eacute;l&eacute;commande&nbsp;!, un t&eacute;l&eacute;viseur couleur plut&ocirc;t fourni en cha&icirc;nes fran&ccedil;aises, presque aussi bien sinon plus que la TNT chez nous, des chaises disparates, quatre armoires d&eacute;glingu&eacute;s et quatre lits, mais je loge seul. N&rsquo;DJAMENA n&rsquo;est pas tr&egrave;s couru en cette fin d&rsquo;ann&eacute;e. J&rsquo;oublie, douches et toilettes sur le palier.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;On me rassure. La saison, si elle n&rsquo;est pas au tourisme, n&rsquo;est pas non plus aux moustiques. Derniers conseils, derni&egrave;res consignes et rendez-vous est donn&eacute; pour le petit-d&eacute;jeuner. Laiss&eacute; seul, j&rsquo;&eacute;tale mes sacs sur les lits, fouille les armoires &agrave; la recherche de cintres, d&eacute;balle un minimum d&rsquo;affaires. Les sanitaires sont propres, les WC sont garnis de papier hygi&eacute;nique, peu de choses suffisent parfois &agrave; vous contenter, l&rsquo;eau est chaude, les draps ont &eacute;t&eacute; lav&eacute;s. Il n&rsquo;est pas loin de 01h00 lorsque je me couche enfin. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;LEFT&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous sommes en bordure d&rsquo;un petit a&eacute;roport mais n&eacute;anmoins actif et des avions d&eacute;collent toute la nuit. C&rsquo;est samedi soir et des militaires en goguette passent bruyamment sous mes fen&ecirc;tres. J&rsquo;enfonce deux bouchons anti-bruit au fond de mes oreilles et je m&rsquo;enfonce rapidement dans le sommeil.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;CENTER&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;CENTER&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>PREMIER JOUR - JOUR DU DEPART</dc:subject>
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<title>DEUXIEME JOUR</title>
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<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Dimanche, 05 d&eacute;cembre, 06h00, le petit matin est presque frais, m&ecirc;me sans la clim que je n&rsquo;avais pas arriv&eacute; &agrave; mettre en  route. J&rsquo;allume la t&eacute;l&eacute; sur une cha&icirc;ne au hasard, pour rompre le silence de la pi&egrave;ce. La base s&rsquo;&eacute;veille doucement. Par la fen&ecirc;tre, je vois des militaires de toutes armes qui passent et repassent, de plus en plus nombreux. La disparit&eacute; des tenues m&rsquo;&eacute;tonne mais sans me surprendre, camouflage d&eacute;sert pour l&rsquo;arm&eacute;e de l&rsquo;air, centre europe pour l&rsquo;arm&eacute;e de terre, calot, b&eacute;ret, bonnet de police, rangers de cuir noir, pataugas, chaussures montantes sable&hellip;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je me hasarde aux abords du b&acirc;timent, dans l&rsquo;attente de mes coll&egrave;gues. Mon impression de la veille est confirm&eacute;e. Si l&rsquo;int&eacute;rieur est propre, l&rsquo;ext&eacute;rieur fait miteux, b&eacute;ton &eacute;clat&eacute;, toiles d&rsquo;insectes un peu partout, peinture &eacute;caill&eacute;e, raccords de peinture et de pl&acirc;tre ci et l&agrave;, meubles us&eacute;s, appentis bricol&eacute;s, vieilles douilles en guise de cendriers. Juste devant, la buanderie en plein air avec ses vieux lavoirs en b&eacute;ton. Ici pas de machines &agrave; laver, on fait &ccedil;a &agrave; l&rsquo;ancienne, &agrave; la main et &agrave; la brosse. Seul confort, ce sont des personnels recrut&eacute;s localement qui mettent la main &agrave; la p&acirc;te, sinon &agrave; la lessive.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Fr&eacute;d&eacute;ric et Fabien me rejoignent. Nous nous dirigeons vers l&rsquo;ordinaire. La nuit n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; tr&egrave;s calme pour eux. A peine couch&eacute;s, ils ont d&ucirc; intervenir en ville et ne se sont rentr&eacute;s qu&rsquo;&agrave; 04h00. Lev&eacute;s &agrave; 07h00, la nuit fut courte pour eux. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le dimanche, c&rsquo;est petit-d&eacute;jeuner am&eacute;lior&eacute;, il y a un croissant par personne.  Je n&rsquo;oublie pas ma pilule de doxycycline. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous passons une partie de la matin&eacute;e &agrave; la brigade &agrave; parler du boulot, &agrave; rencontrer l&rsquo;un ou l&rsquo;autre. C&rsquo;est dimanche, mais m&ecirc;me le dimanche une base &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger n&rsquo;arr&ecirc;te pas de vivre, de fonctionner, de bouger. Il y a toujours quelqu&rsquo;un qui tra&icirc;ne dans un bureau ou dans un autre, pour se mettre &agrave; jour, pour avancer le travail du lendemain, pour venir au renseignement. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le franc FCA a un cours l&eacute;gal dans presque toute l&rsquo;Afrique subsaharienne mais il est introuvable en France. J&rsquo;arrive les poches pleines d&rsquo;euros, sans aucune utilit&eacute; pratique ici. Avec Fabien nous partons en ville chercher un dab. Nous en trouvons un de la Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale dans le hall du Novotel, un bien bel &eacute;tablissement. L&rsquo;appareil accepte ma carte bleue, miracle de l&rsquo;informatique, et me crache toute une liasse de billets CFA tous neufs, &agrave; peine sorti de l&rsquo;imprimerie. 100&nbsp;000 CFA. Diviser par cent pour avoir des francs fran&ccedil;ais et multiplier par la valeur du franc en euros. Bref 150 euros, plus 10 euros de frais.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Il est 10h00 et il commence &agrave; faire chaud. La ville se d&eacute;couvre &agrave; moi, poussi&eacute;reuse, anim&eacute;e, pleine de vie. La circulation est intense et d&eacute;sordonn&eacute;e. La chauss&eacute;e est bonne mais la signalisation inexistante, priorit&eacute; &agrave; droite dans les rond-points. Une seule r&egrave;gle, la plus importante, FAIRE GAFFE. Ca d&eacute;boule dans tous les sens, 4X4, voitures l&eacute;g&egrave;res, motos, cyclomoteurs. Je retrouve des mod&egrave;les oubli&eacute;s en France, de vieilles Peugeot d&eacute;j&agrave; hors d&rsquo;&acirc;ge lors de mon enfance, des Mobylettes, bleues de surcro&icirc;t. Les trottoirs sont bond&eacute;s d&rsquo;une foule sans cesse en mouvement. O&ugrave; peut-elle aller&nbsp;? D&rsquo;o&ugrave; peut-elle venir&nbsp;? A quelles affaires s&rsquo;occupe-t-elle&nbsp;? Les militaires sont nombreux, une arm&eacute;e &agrave; la Bourbaki, les uniformes sont nets mais pas une tenue qui ressemble &agrave; une autre. Aucun n&rsquo;est arm&eacute;, aucun n&rsquo;occupe de postes particuliers. En service&nbsp;? En repos&nbsp;? Allez savoir, ils vont et viennent au milieu de la foule et de la circulation. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je ne ressens aucune animosit&eacute; &agrave; notre &eacute;gard.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Les rues sont bord&eacute;es de hauts murs tessonn&eacute;s ou couronn&eacute;s de barbel&eacute;s. Derri&egrave;re j&rsquo;aper&ccedil;ois les toitures de maisons basses, quelques fois un &eacute;tage, entour&eacute;es d&rsquo;arbres. Des oasis de calme, d&rsquo;ombre et de s&eacute;curit&eacute; d&rsquo;o&ugrave; aucune vie ne transpire. Les seuls b&acirc;timents g&eacute;n&eacute;ralement visibles de la route sont les immeubles officiels, minist&egrave;re de ci, secr&eacute;tariat de &ccedil;a. Parfois une trou&eacute;e s&rsquo;ouvre entre deux enceintes, une maison abondonn&eacute;e, ouverte &agrave; tous. Des &eacute;choppes, assez mis&eacute;rables, font office de magasins. Que peut-on y vendre&nbsp;? Les enseignes sont sibyllines. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A un carrefour, nous croisons le fleuve Chari. Au-del&agrave; c&rsquo;est le Cameroun. Des pirogues semblent franchir cette fronti&egrave;re au m&eacute;pris de tous contr&ocirc;les. On y verrait des hippopotames un peu plus haut.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous sommes de retour &agrave; la base Adjudant KOSEI et &agrave; la brigade pr&eacute;v&ocirc;tale. Un caf&eacute; pour tuer le temps et nous regagnons nos chambres. Les coll&egrave;gues de service la nuit derni&egrave;re vont se reposer un peu avant que nous allions d&eacute;jeuner en ville, CHEZ WU. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Fr&eacute;d&eacute;ric, Fabien et moi ramassons au passage Nicolas. CHEZ WU est une table chinoise renomm&eacute;e de N&rsquo;DJAMENA, surtout le dimanche midi, buffet &agrave; volont&eacute; pour moins de 20 euros et une bi&egrave;re locale, 500ml, pour arroser le tout.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Les plats sont bons, vari&eacute;s, &eacute;pic&eacute;s &agrave; souhait. Je me gave, le mot n&rsquo;est pas trop fort. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A l&rsquo;issue une sieste s&rsquo;impose. Elle est d&rsquo;ailleurs obligatoire pour tous.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;En fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, le haut-parleur annonce que la VAM de lundi pour ABECHE est supprim&eacute;e. Ce n&rsquo;est pas encore demain que je rejoindrai mon poste.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le soir, nous mangeons &agrave; l&rsquo;ordinaire de la base. Auparavant, une petite visite &agrave; une discr&egrave;te &laquo;&nbsp;popote&nbsp;&raquo;. Mes coll&egrave;gues semblent conna&icirc;tre tout le monde. Officiers et sous-offs de toutes armes se m&ecirc;lent dans une ambiance bon enfant. L&rsquo;alcool est limit&eacute; &agrave; la bi&egrave;re locale, CASTEL et GALLA. La premi&egrave;re est quelconque, la seconde est plus fruit&eacute;e.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le repas de l&rsquo;ordinaire est bon, sans plus. Il fait l&rsquo;affaire apr&egrave;s l&rsquo;orgie de midi.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;De retour &agrave; ma chambre de passage, je pr&eacute;pare mon treillis pour demain et je me couche devant la t&eacute;l&eacute;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>DEUXIEME JOUR</dc:subject>
</item>
<item rdf:about="http://ungendarmeautchad.blogit.fr/index.html#a329673">
<title>TROISIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/index.html#a329673</link>
<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Lundi, 06 d&eacute;cembre, 06h30, l&rsquo;impression de fra&icirc;cheur se confirme. Il est vrai que nous sommes en hiver. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Fabien quitte sa chambre de passage &agrave; l&rsquo;autre bout de la base, r&eacute;serv&eacute;e seulement jusqu&rsquo;&agrave; hier soir et s&rsquo;installe avec moi. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Lui et moi attendons des nouvelles de la VAM pour ABECHE. Il veut y retourner r&eacute;cup&eacute;rer ses affaires puis redescendre &agrave; N&rsquo;DJAMENA pour repartir en France vers la fin de semaine, moi pour le relever. Nous patientons avec force caf&eacute;s. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Le Casa est mont&eacute; en liaison &agrave; FAYA pour approvisionner le poste, 20 militaires perdus au fin fond du d&eacute;sert &agrave; garder une piste d&rsquo;aviation. Mais il marche sur trois pattes. Un transall est en panne, le deuxi&egrave;me est en r&eacute;serve, au cas o&ugrave; en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je m&rsquo;entretiens avec le COMPREVOT. Il me pr&eacute;sente le pays. Nous discutons &agrave; b&acirc;tons rompus. Il conna&icirc;t le pays pour y avoir servi pr&eacute;c&eacute;demment deux ans.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Fabien me guide dans les services, la solde o&ugrave; je change mes euros en francs CFA, le BPI o&ugrave; je d&eacute;pose mes francs CFA sur mon livret A, ils y sont compt&eacute;s en euros, le BSB o&ugrave; je r&eacute;cup&egrave;re mon badge de s&eacute;curit&eacute; en &eacute;change d&rsquo;une photo, au change je suis gagnant.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous refaisons un tour en ville avec Fr&eacute;d&eacute;ric pour r&eacute;gler une facture dans un restaurant, fran&ccedil;ais et excellent &agrave; priori si on consid&egrave;re la nationalit&eacute; du patron et son embonpoint. Les hu&icirc;tres et les moules, suivant arrivages, y sont excellentes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je visite une nouvelle partie de la ville. Les rues y sont des avenues, bord&eacute;es d&rsquo;immeubles officiels. A un rond-point se dresse une gigantesque statue &eacute;questre en fer, d&rsquo;un go&ucirc;t que je consid&egrave;re douteux. Ci et l&agrave;, on s&rsquo;affaire &agrave; paver des bouts de chauss&eacute;e. La circulation est encore plus intense que la veille, les trottoirs encore plus anim&eacute;s.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L&rsquo;humble b&acirc;timent de l&rsquo;ambassade de France se cache lui aussi derri&egrave;re de hauts murs barbel&eacute;s. Un gendarme tchadien nonchalant assure une garde assez symbolique. Il nous salue d&rsquo;un vague geste de la main. Notre commission faite nous regagnons la base.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La m&ecirc;me incertitude r&egrave;gne quant au devenir de la VAM de demain.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je laisse mes coll&egrave;gues locaux vaguer &agrave; leurs occupations. Nous recevons des nouvelles de Fran&ccedil;ois, en mission de reconnaissance au fin fond de la brousse au sein d&rsquo;une colonne fran&ccedil;aise. Ils sont bloqu&eacute;s depuis plusieurs jours par un gouverneur local qui n&rsquo;avait pas &eacute;t&eacute; averti de leur venue. A court de vivres frais, ils ont &eacute;t&eacute; ravitaill&eacute;s par un h&eacute;licopt&egrave;re du DETALAT. Leur retour est pr&eacute;vu pour une date ult&eacute;rieure. Avant la fin de la semaine esp&eacute;rons nous, sinon Fran&ccedil;ois ne pourra embarquer pour rentrer en France. Quelle id&eacute;e de partir si loin si pr&egrave;s de sa date de rel&egrave;ve.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L&rsquo;apr&egrave;s-midi am&egrave;ne la confirmation que la VAM pour ABECHE est maintenue pour mardi, si tout va bien.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ce soir, je paye ma tourn&eacute;e &agrave; la popote. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A 22h00, avec le COMPREVOT, nous sommes de nouveau pr&eacute;sents &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport pour accueillir Christophe, la rel&egrave;ve d&rsquo;Yves. L&rsquo;avion est &agrave; l&rsquo;heure. Son accueil ressemble au mien, poign&eacute;es de main, quelques paroles de bienvenue et retour vers la base. Je pr&eacute;pare mes sacs pour le d&eacute;part de demain. Il faudra se lever t&ocirc;t.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>TROISIEME JOUR</dc:subject>
</item>
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<title>QUATRIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/index.html#a329674</link>
<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Mardi 07 d&eacute;cembre, 06h00, Fabien et moi allons d&eacute;jeuner, laissant Christophe encore endormi. Nous devons &ecirc;tre &agrave; l&#039;escale pour 07h00, d&eacute;part de l&#039;avion pr&eacute;vu pour 08h00. S&#039;il veut bien d&eacute;coller. Nous ne sommes pas seuls &agrave; vouloir embarquer, quelques personnels du DETSOUT en liaison administrative pour ABECHE, une section PROTERRE avec armes et bagages. Les jeunes soldats sont harnach&eacute;s comme des b&ecirc;tes de somme, bard&eacute;s de cartouchi&egrave;res et de fusils. Nicolas participe aussi au voyage, il est aussi en poste &agrave; ABECHE. Si le Transall reste en rade, nous ne pourrons pas tous embarquer dans le Casa, surtout pas avec les deux palettes de fret.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Trois appareils sont gar&eacute;s sur le tarmac de l&#039;escale de l&#039;arm&eacute;e de l&#039;air fran&ccedil;aise, le Casa et deux Transalls. Plus loin, j&#039;aper&ccedil;ois des h&eacute;licopt&egrave;res de combat et des avions d&#039;appui au sol russes, de l&#039;arm&eacute;e tchadienne, plus loin encore, des carcasses d&#039;antiques appareils dont un ou deux DC 4. Au-del&agrave;, pr&egrave;s de la piste, se dressent les empennages d&#039;avions immacul&eacute;s marqu&eacute;s UN.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;08h00, aucun signe d&#039;embarquement &agrave; bord de notre Transall. Il y aurait une fuite quelque part. Les m&eacute;caniciens s&#039;affairent autour d&#039;un moteur. A l&#039;escale, on parle de privil&eacute;gier la section PROTERRE qui va en relever une autre. Quant &agrave; nous, nous serions rel&eacute;gu&eacute;s sur un vol ult&eacute;rieur, demain ou apr&egrave;s demain ou plus tard encore. Nicolas et moi prenons les choses avec philosophie. Je sens Fabien un peu &eacute;nerv&eacute;. Il repart en France samedi et toutes ses affaires sont encore &agrave; ABECHE. Il se voit rentrer au pays sans.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous attendons, face au soleil qui monte de plus en plus haut dans le ciel et chauffe de plus en plus. Lunettes de soleil et couvre-chefs sont fortement recommand&eacute;s. Il est &agrave; peine 08h00, nous cherchons un coin d&#039;ombre. Une patrouille de Mirage 2000 sort de ses abris et s&#039;&eacute;lance vers le ciel.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Finalement, le Transall est r&eacute;par&eacute;. Nous embarquons tous, pas en cabine, r&eacute;serv&eacute;e au pilotage, mais en soute, avec le fret. Ici pas de si&egrave;ges confortables mais des banquettes de toile distendues, inconfortables au possible. Nous d&eacute;collons vers 09h00. Arriv&eacute;e pr&eacute;vue vers 11h00, 900 kilom&egrave;tres plus loin. Le bruit des moteurs est assourdissant. Chacun se scelle les oreilles au bouchon anti-bruit. Il doit y avoir deux hublots de chaque c&ocirc;t&eacute; de la soute, &agrave; des emplacements quasi inaccessibles. Les parois sont des enchev&ecirc;trements inextricables de tuyauteries. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La convoyeuse se fait les ongles. Fabien et Nicolas dorment. J&#039;ouvre Millenium. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;ABECHE, enfin. La porte de la soute s&#039;ouvre et nous d&eacute;barquons. Jusqu&#039;&agrave; alors je n&#039;avais du Tchad qu&#039;une vision limit&eacute;e par les constructions de la ville. Ici le ciel para&icirc;t plus clair, moins pollu&eacute;, moins poussi&eacute;reux. Au-del&agrave; de la piste, vers le Nord, j&#039;entrevois de vastes &eacute;tendues de plaines semi-d&eacute;sertiques o&ugrave; se dressent, dans le lointain, des pitons isol&eacute;s. L&#039;a&eacute;rogare est des plus humbles. Je n&#039;y pr&ecirc;te aucune attention. Comme &agrave; N&#039;DJAMENA, l&#039;escale de l&#039;arm&eacute;e fran&ccedil;aise n&#039;est qu&#039;un simple hangar poussi&eacute;reux, la zone d&#039;attente des passagers un auvent de t&ocirc;les prot&eacute;geant des bancs de bois. Le COMDET et les chefs de services du d&eacute;tachement nous accueillent. Dans ce petit coin de campagne tchadienne, l&#039;arriv&eacute;e d&#039;une VAM est toujours un &eacute;v&eacute;nement. Jean-Marc, le commandant du d&eacute;tachement pr&eacute;v&ocirc;tal, me souhaite la bienvenue. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L&#039;&eacute;quipage annonce les horaires du vol retour, pr&eacute;sentation &agrave; l&#039;escale &agrave; 12h00, d&eacute;collage &agrave; 13h00. Sauf pour ceux qui restent comme la section PROTERRE, Nicolas et moi,  les autres ont 01h00 pour r&eacute;gler leurs petites affaires et, &eacute;ventuellement, d&eacute;jeuner. Fabien se rassure, une heure lui suffit amplement pour faire ses bagages. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A Camp Croci, les b&acirc;timents sont bas, un unique rez de chauss&eacute;e, et assez dispers&eacute;s. Des immeubles en briques, vestiges de l&#039;&eacute;poque coloniale, c&ocirc;toient des alg&eacute;cos et des amoncellements de KC20. Les rares arbres ne montent gu&egrave;re &agrave; plus de 03 m&egrave;tres de haut. Les feuilles sont fines et &eacute;troites. Leur ombre est squelettique. Les murs des b&acirc;timents sont orn&eacute;s de fresques militaires na&iuml;ves, un &eacute;talement d&#039;insignes r&eacute;gimentaires et de devises h&eacute;ro&iuml;ques et latines. Les all&eacute;es sont bord&eacute;es de pierres blanches d&eacute;limitant des parterres de cailloux. Je fais attention o&ugrave; je marche, le sol est pi&eacute;g&eacute; des belles crottes des animaux mascottes du camp, une famille d&#039;&acirc;nes qui erre &agrave; sa guise dans toute la base.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le b&acirc;timent o&ugrave; je loge est accueillant m&ecirc;me s&#039;il accuse son &acirc;ge. Toutes les chambres sont climatis&eacute;es. La peinture n&#039;est pas trop d&eacute;fra&icirc;chie. Le couloir est proprement carrel&eacute;. Les sanitaires sont propres. Ma chambre est plut&ocirc;t rustique, un peu plus qu&#039;&agrave; N&#039;DJAMENA, deux lits, trois armoires un peu de guingois, un bureau, deux &eacute;tag&egrave;res de fortune, un frigo, une t&eacute;l&eacute;. Le sol est en b&eacute;ton, peint il y a tr&egrave;s longtemps. Les murs sont jaune pisseux. L&#039;am&eacute;nagement de la pi&egrave;ce laisse &agrave; d&eacute;sirer mais avec quelques d&eacute;m&eacute;nagements de meubles, un bon coup de balai, quelques posters ad&eacute;quats, je devrais m&#039;y plaire. Cerise sur le g&acirc;teau, je dispose d&#039;un t&eacute;l&eacute;phone branch&eacute; directement sur l&#039;international, et la France, un routeur arrose de WIFI tout le b&acirc;timent et les programmes t&eacute;l&eacute; sont cons&eacute;quents, dont Canal Plus en clair, toujours int&eacute;ressant les samedis soirs. Je pose mes sacs dans un coin et je laisse Fabien, pr&eacute;c&eacute;dent occupant, vider les lieux. Jean-Marc me guide dans un premier tour du propri&eacute;taire. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous d&eacute;jeunons &agrave; 11h30, Fabien est encore occup&eacute; &agrave; faire ses bagages, il nous rejoint en fin de repas et avale rapidement quelque chose. Nous regagnons l&#039;escale, les passagers attendent d&eacute;j&agrave;, les palettes de fret sont conditionn&eacute;es, Fabien y glissent ses sacs. Derni&egrave;res photos d&#039;adieu avec les militaires qu&#039;il a c&ocirc;toy&eacute;s pendant ses derniers mois, derni&egrave;res photos souvenirs, promesses de s&#039;&eacute;changer des mails, de se revoir &eacute;ventuellement, ultimes plaisanteries et il grimpe dans le Tansall avec ses compagnons de voyage. L&#039;avion d&eacute;marre,  balaye l&#039;escale du souffle poussi&eacute;reux de ses h&eacute;lices et s&#039;&eacute;lance sur la piste. Il dispara&icirc;t bient&ocirc;t. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je suis seul, au milieu de gens que je connais pas, qui parlent une langue myst&eacute;rieuse, pleine d&#039;acronymes et d&#039;abr&eacute;viations plus &eacute;nigmatiques les unes que les autres, COMDET, DETSOUT, COMOTO, PROTERRE, EDA, DPSD, AD, REPFRANCE, COMFLASH, COMPIAF, MR, NTI1....&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je m&#039;accroche aux basques de Jean-Marc en essayant de ne pas para&icirc;tre trop novice. Etant donn&eacute; l&#039;heure, midi, il est temps d&#039;aller faire la sieste, fortement recommand&eacute;e sinon obligatoire jusqu&#039;&agrave; 16h30.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;J&#039;en profite pour faire un peu de m&eacute;nage dans la chambre, de bousculer quelques meubles. Je vide mes armoires et remplis mes armoires. Mon lit a une planche en guise de sommier, &ccedil;a promet de belles nuits.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A la reprise du travail, je rejoins Jean-Marc dans les humbles locaux de la brigade, un bureau, une salle de d&eacute;tente. Nos meubles sont des plus succincts, une armoire, un bureau, deux tables, un fauteuil, une chaise, deux tabourets, un PC et un portable. Notre mat&eacute;riel se r&eacute;duit &agrave; l&#039;essentiel, quelques kits FNAEG, quelques kits STUPS, quelques mallettes PJ, une lampe torche. Notre armement se limite &agrave; un pistolet et une paire de menottes chacun.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Jean-Marc me pr&eacute;sente rapidement le camp, un peu plus d&#039;une centaine de militaires et de civils fran&ccedil;ais, le d&eacute;tachement de protection, le d&eacute;tachement de soutien, les personnels des &eacute;conomats. Je m&#039;impr&egrave;gne des consignes, du plan de d&eacute;fense de la base, du plan d&#039;&eacute;vacuation des ressortissants civils fran&ccedil;ais, du RSI du camp. Je prends connaissance des enqu&ecirc;tes en cours.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A 17h00, il fait d&eacute;j&agrave; nuit. Fin du travail &agrave; 18h30, nous allons d&icirc;ner. Les repas, europ&eacute;ens, sont excellents et copieux, ce qui ne manque pas de surprendre pour un si petit d&eacute;tachement mais indispensable pour le moral de cette petite troupe perdue au fin fond de l&#039;Afrique. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je passe un long coup de fil en France pour donner des nouvelles &agrave; ma famille. Des t&eacute;l&eacute;phones sont dispos&eacute;s autour du foyer. Des ordinateurs branch&eacute;s sur internet sont  disponibles dans une pi&egrave;ce adjacentes. Je regagne ma chambre pour finir mon installation. Je regarde la t&eacute;l&eacute; avant de m&#039;endormir. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>QUATRIEME JOUR</dc:subject>
</item>
<item rdf:about="http://ungendarmeautchad.blogit.fr/index.html#a329675">
<title>CINQUIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/index.html#a329675</link>
<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Mercredi, 08 D&eacute;cembre, 05h30, la nuit s&#039;&eacute;claire, c&eacute;r&eacute;monie des couleurs. Depuis ma chambre j&#039;entends une sonnerie militaire pendant que la garde doit monter le drapeau. Je flemmarde au lit, prise du travail &agrave; 07h30. Mes camarades profitent de la fra&icirc;cheur de l&#039;aube pour pratiquer du sport, interdit apr&egrave;s 08h00 et avant 17h00.  Je vais attendre d&#039;&ecirc;tre acclimat&eacute; avant de commencer &agrave; pratiquer moi-m&ecirc;me.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je fais le tour des diff&eacute;rents services pour me pr&eacute;senter. C&#039;est vite fait. Le p&eacute;rim&egrave;tre du camp fait &agrave; peine plus de 1.500m.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L&#039;ordinaire confirme son excellence, je dois faire attention &agrave; me restreindre, gare aux kilos.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;En fin d&#039;apr&egrave;s-midi apr&egrave;s la sieste, Jean-Marc et moi prenons la P4 pour accompagner un infirmier faire une course en ville. Je d&eacute;couvre les abords du camp et de l&#039;a&eacute;roport. Une longue et large avenue quasiment d&eacute;serte m&egrave;ne vers le centre ville. J&#039;aper&ccedil;ois un militaire en arme &agrave; l&#039;entr&eacute;e de l&#039;a&eacute;rogare, affal&eacute; sur une chaise. Des lampadaires &agrave; panneau solaire, tout neuf, se dressent sur le terre-plein central. Nous bifurquons  &agrave; gauche sur une autre avenue qui s&#039;anime au fur et &agrave; mesure que nous approchons du centre ville. Nous stoppons devant une petite &eacute;choppe, une sorte d&#039;&eacute;picerie qui vend un peu de tout. l&#039;infirmier ach&egrave;te deux cartons de boissons, du soda fabriqu&eacute; dieu sait tout, quelque part en Afrique ou au Moyen Orient, les marquages sont en arabe, illisibles. D&egrave;s que nous nous arr&ecirc;tons, les enfants se rassemblent autour de nous, curieux. Nous repartons vers la base. Sur notre droite, sont install&eacute;s les si&egrave;ges de plusieurs organisations humanitaires internationales, dont le QG de la MINURCAT.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ici aussi, les maisons sont basses, abrit&eacute;es derri&egrave;re de hauts murs h&eacute;riss&eacute;s de tessons et de barbel&eacute;s, parfois un homme en uniforme assure une garde endormie devant le portail.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Les arbres sont beaucoup rares qu&#039;&agrave; N&#039;DJAMENA, ils sont remplac&eacute;s par une poussi&egrave;re abondante et omnipr&eacute;sente.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La nuit s&#039;installe.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>CINQUIEME JOUR</dc:subject>
</item>
<item rdf:about="http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_2.html#a329826">
<title>VOYAGE AUTOUR DE MA CHAMBRE ( SUITE )</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_2.html#a329826</link>
<dc:subject>VOYAGE AUTOUR DE MA CHAMBRE ( SUITE )</dc:subject>
</item>
<item rdf:about="http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_2.html#a329676">
<title>SIXIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_2.html#a329676</link>
<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Jeudi, 09 d&eacute;cembre, si le d&eacute;jeuner et le d&icirc;ner sont excellents, le petit d&eacute;jeuner est plus spartiate, salade de fruits, jambon de paris, tranches de fromage, yaourts, c&eacute;r&eacute;ales, pain , confiture, miel, p&acirc;te &agrave; tartiner. Je me contente d&#039;une salade de fruits, d&#039;un casse-croute de jambon et de fromage et d&#039;un yaourt. Mais pas de croissant le dimanche. Je prendrais peut-&ecirc;tre des c&eacute;r&eacute;ales la prochaine fois.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je profite que le soleil ne soit pas encore trop haut pour faire un tour du camp &agrave; pieds, c&ocirc;t&eacute; int&eacute;rieur. Peu d&#039;ombre, un sol clair qui r&eacute;fl&eacute;chit la lumi&egrave;re, le port des lunettes de soleil est presque obligatoire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La base est ceinte d&#039;un merlon de terre de deux &agrave; trois m&egrave;tres de hauteur, doubl&eacute; &agrave; l&#039;ext&eacute;rieur de plusieurs rang&eacute;es de barbel&eacute;s. Des postes de combat sont am&eacute;nag&eacute;s &agrave; intervalles. Des personnels civils de recrutements local d&eacute;broussaillent. Je passe derri&egrave;re le bassin de r&eacute;tention des eaux us&eacute;es &agrave; l&#039;affut d&#039;un cobra, il para&icirc;t qu&#039;il y en a par ici. Des &eacute;chassiers au bec courb&eacute; scrutent la surface de la mare. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le NTI12 bourdonne d&#039;activit&eacute;s, les v&eacute;hicules souffrent de l&#039;&eacute;tat des pistes, ils n&eacute;cessitent un entretien permanent. Des piles de KC20  sont entass&eacute;s un peu partout, restes du d&eacute;ploiement de l&#039;EUFOR. Ils sont vides pour la plupart mais certains sont incontr&ocirc;lables, perch&eacute;s trop haut, personne ne sait vraiment ce qu&#039;ils rec&egrave;lent. Ils sont en attente de leur destin. Lou&eacute;s &agrave; la journ&eacute;e, le co&ucirc;t est en assez prohibitif. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Une section de mortiers de 120mm est en exercice, mise en batterie, r&eacute;glage de tirs fictifs. M&ecirc;me mont&eacute;s sur roues, ils ne sont faciles &agrave; manier. Les petits gars souffrent &agrave; pousser les roues, &agrave; soulever les tubes. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Apr&egrave;s le d&eacute;jeuner, je passe &agrave; c&ocirc;t&eacute; du &laquo;&nbsp;march&eacute; aux voleurs&nbsp;&raquo;. Sous un petit appentis, une dizaine de marchands de souvenirs tchadiens ont dress&eacute; leurs &eacute;choppes, bijoux, produits de l&#039;artisanat local. On m&#039;apostrophe, on me salue bien bas, on m&#039;honore du qualificatif de grand &laquo;&nbsp;nyaka&nbsp;&raquo;, on me met quasiment entre les mains ce que je ne veux pas acheter , me demandant de dire mon prix. Je choisis une petite bo&icirc;te en bois doubl&eacute;e de cuir ouvrag&eacute;, un bracelet de cuir orn&eacute; d&#039;une grosse pierre translucide. Je marchande. Le vendeur est tellement content du prix que je propose qu&#039;il me donne en cadeau un collier &agrave; perles de bois avec une pointe de corne grav&eacute;e. Un poignard attire mon regard et ma main mais il n&#039;est pas aiguis&eacute;, il est us&eacute;, il est pas super, je fais la moue, je le repose. Un autre vendeur tente de m&#039;alpaguer, je l&#039;&eacute;vite et regagne ma chambre. C&#039;est l&#039;embuscade ce march&eacute;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A la nuit tomb&eacute;e, alors que je sors de la brigade, j&#039;entends appeler derri&egrave;re moi. Mon vendeur de l&#039;apr&egrave;s-midi me courre apr&egrave;s. Dois-je m&#039;enfuir ? Je l&#039;attends. Il sort de sous sa djellaba un poignard. Le fourreau est en cuir rouge et noir, ainsi que la poign&eacute;e. Il est orn&eacute; de cuivre et de laiton. Je d&eacute;gaine la lame, un acier forg&eacute; artisanal long comme l&#039;avant bras, pointue et aiguis&eacute;e. Il n&#039;est pas neuf, a peut &ecirc;tre servi mais il me pla&icirc;t. J&#039;emm&egrave;ne mon vendeur &agrave; l&#039;&eacute;cart et nous discutons le prix. 75 000 frcs CFA, je dis 35 000, il dit 60 000, je dis 40 000, il dit 55 000, je dis 45 000, il dit 55 000, je redis 45 000, march&eacute; conclu. Je paye la moiti&eacute;, il me fait cr&eacute;dit du reste pour le mois prochain.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>SIXIEME JOUR</dc:subject>
</item>
<item rdf:about="http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_2.html#a329677">
<title>SEPTIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_2.html#a329677</link>
<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Vendredi, 10 d&eacute;cembre, 06h00, je m&#039;&eacute;lance pour un premier footing autour du camp. Le soleil se l&egrave;ve, un vent frais souffle avec une certaine puissance. La temp&eacute;rature est agr&eacute;able pour courir mais la chaleur monte rapidement. Des mouches m&#039;assaillent, attir&eacute;es par ma sueur. Elles prennent mon cr&acirc;ne, ras&eacute; de pr&egrave;s, pour une piste d&#039;atterrissage. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;En milieu de matin&eacute;e, nous accompagnons l&#039;infirmi&egrave;re, &agrave; la MINURCAT, de l&#039;autre c&ocirc;t&eacute; de l&#039;a&eacute;roport. Elle s&#039;y rend pour y incin&eacute;rer des d&eacute;chets m&eacute;dicaux. Elle pourrait y aller sans nous, mais comme c&#039;est la seule &agrave; pouvoir entrer dans le camp, notre escorte est une excuse pour y entrer &agrave; notre tour et aller faire un tour au PX. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous contournons l&#039;a&eacute;roport par des pistes d&eacute;fonc&eacute;es et poussi&eacute;reuses. Nous croisons toute une foule d&#039;hommes, de femmes, d&#039;enfants, certains mont&eacute;s sur des &acirc;nes, occup&eacute;s &agrave; des t&acirc;ches myst&eacute;rieuses. L&#039;herbe est rare, courte et dess&eacute;ch&eacute;e. De petits arbres isol&eacute;s, des arbustes, quelques plantes grasses poussent ci et l&agrave;. Dans un creux, des hommes s&#039;affairent &agrave; produire des briques de terre crue. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Les femmes saluent l&#039;infirmi&egrave;re, elle les soigne parfois &agrave; l&#039;infirmerie de la base.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous longeons les merlons du camp de la MINURCAT, l&#039;ancien camp des &eacute;toiles de l&#039;EUFOR. Il est en passe de d&eacute;mant&egrave;lement. Fin avril il n&#039;y aura plus rien. Les gardes mongols ont &eacute;t&eacute; remplac&eacute;s par les Tchadiens du DIS. Nous roulons en P4 et nous paraissons un peu rustique face aux puissants TOYOTA 4X4 blancs de l&#039;ONU.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A l&#039;entr&eacute;e du camp, je d&eacute;pose mon pistolet, Jean-Marc laisse son leathermann. De puissants avions blancs stationnent sur le parking. L&#039;un d&#039;eux avale toute une file de passagers. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le camp est un rigide alignement de corimecs et de tentes climatis&eacute;es. Il est bien plus grand que notre petite base mais sans charme, sans arbre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L&#039;incin&eacute;rateur se situe derri&egrave;re l&#039;h&ocirc;pital serbe. Des m&eacute;decins serbes sont en train de se faire photographier avec le personnel tchadien de l&#039;incin&eacute;rateur. L&#039;infirmi&egrave;re en conna&icirc;t quelques uns. Ils nous saluent joyeusement, nous prenons la pose avec eux pour leurs photos souvenirs. Je discute avec un colonel dentiste, dans la langue de Shakespeare, il est volubile, tr&egrave;s sympathique. Il vient de Belgrade et en est &agrave; son deuxi&egrave;me s&eacute;jour dans le pays.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Il est bizarre de penser qu&#039;il y a dix ans, on les bombardait &agrave; tout va.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous ramenons l&#039;infirmi&egrave;re &agrave; la base fran&ccedil;aise et repartons en ville pour essayer de rencontrer le juge d&#039;instruction local.  Il est destinataire d&#039;une CRI et nous avons, pour notre part, une commission rogatoire d&#039;assistance.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le centre ville est tr&egrave;s anim&eacute;, les &eacute;choppes succ&egrave;dent aux &eacute;choppes. Toute une foule, en djellaba, boubous et ch&egrave;che, grouille sur les trottoirs et d&eacute;borde sur la chauss&eacute;e. De quatre voies, l&#039;avenue se r&eacute;duit &agrave; deux ouvertes &agrave; la circulation automobile. Peu de voitures mais des motos en nombre. Il y a des feux rouges, en fonctionnement, &agrave; la plupart des carrefours mais le respect de leur signalisation est plus qu&#039;al&eacute;atoire.  &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le palais de justice est des plus modeste, une salle d&#039;attente s&eacute;par&eacute;e de la rue par une grille gard&eacute;e par un homme en arme, le bureau du procureur et le bureau du juge d&#039;instruction. Une petite foule se presse contre la grille ferm&eacute;e, dans l&#039;attente d&#039;un s&eacute;same. Jean-Marc interpelle le garde qui nous r&eacute;pond que le juge d&#039;instruction n&#039;est pas l&agrave;. Fatalistes, nous repartons. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>SEPTIEME JOUR</dc:subject>
</item>
<item rdf:about="http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_2.html#a329678">
<title>HUITIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_2.html#a329678</link>
<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Samedi, 11 d&eacute;cembre, nous ne travaillons que le matin, entretien de notre P4, niveaux, pleins, graissage, lavage. Repos l&#039;apr&egrave;s-midi. La sieste se prolonge jusqu&#039;au soir. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;J&#039;en profite pour d&eacute;poussi&eacute;rer et cirer mes rangers. Travail bien inutile, elle seront blanches de poussi&egrave;re au bout de quelques pas. Les trois &acirc;nes viennent m&#039;observer. Je me demande de quoi ils peuvent bien se nourrir. Certains leur donne du pain. Peut &ecirc;tre attendent-ils la m&ecirc;me chose de moi. En vain. Je mets de c&ocirc;t&eacute; mes rangers et mon cirage qui pourraient les tenter. Un pompier caresse le m&acirc;le Imar, il soul&egrave;ve un nuage de poussi&egrave;re de sa fourrure. Parfois les b&ecirc;tes s&#039;avancent jusqu&#039;&agrave; l&#039;entr&eacute;e du couloir de notre b&acirc;timent. Les pompiers les ont d&eacute;j&agrave; retrouv&eacute;s dans leur bureau. La femelle semble encore pleine. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Jean-Marc et moi sommes invit&eacute;s &agrave; une soir&eacute;e pizzas &agrave; une section PROTERRE du Rama. L&#039;ambiance est bon enfant, les pizzas sont excellentes, cuites au feu de bois dans un four plant&eacute; au milieu de la base. Les ingr&eacute;dients proviennent de l&#039;ordinaire. Les pizzas sont confectionn&eacute;es par les militaires eux-m&ecirc;me. L&#039;un d&#039;eux, lampe frontale en batterie, muni d&#039;&eacute;pais gants de cuir, manie la pelle de boulanger comme un pro. A ses c&ocirc;t&eacute;s, deux de ses camarades d&eacute;foncent de vieilles palettes &agrave; grands coups de hache.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je rentre me coucher vers 22 heures. Je m&#039;effondre sur mon lit mais je dors mal.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>HUITIEME JOUR</dc:subject>
</item>
<item rdf:about="http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_2.html#a329679">
<title>NEUVIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_2.html#a329679</link>
<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Dimanche, 12 d&eacute;cembre, 05h30, j&#039;h&eacute;site &agrave; me lever, si je veux aller courir, c&#039;est maintenant ou jamais. Je me d&eacute;cide, je chausse mes baskets. Il fait frais, le ciel est l&eacute;g&egrave;rement couvert mais il se d&eacute;gage rapidement.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Jean-Marc est d&eacute;j&agrave; en arme et en tenue. Il part pour deux jours en Mission de Reconnaissance dans les environs avec une section d&#039;infanterie.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt; &lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je m&#039;&eacute;lance pour quatre tours de la base, 5.000 m&egrave;tres. Le camp est d&eacute;sert, presque tout le monde profite de cette journ&eacute;e de repos pour faire la grasse matin&eacute;e.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A partir de 09h00 d&eacute;bute un tournoi de p&eacute;tanque.  J&#039;y participe en spectateur, sur une chaise longue, sous un parasol, sur la terrasse du foyer, l&#039;id&eacute;al quoi, surtout que le soleil tape un peu fort.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A midi, le d&eacute;part du tierc&eacute; est donn&eacute; dans la salle du foyer. Le champ de courses est une longue plaque de bois o&ugrave; l&#039;on d&eacute;place de petites figurines animali&egrave;res en laiton. Avec ma chance, je ne gagne pas.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le d&eacute;jeuner est aussi bon que d&#039;habitude, pav&eacute; d&#039;autruche ou magret de canard, au choix, accompagn&eacute;s de pommes paillasson et de sauce aux fruits rouge. La cuisson du magret est &agrave; point. Pour le pav&eacute;, je me fie aux t&eacute;moignages des autres convives. Pour l&#039;occasion, deux cubitainers de vin rouge et de vin ros&eacute; sont &agrave; notre disposition. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je veux mettre &agrave; profit l&#039;apr&egrave;s-midi de sieste pour me faire un petit film sur mon portable mais je m&#039;endors alors que l&#039;ordinateur n&#039;est m&ecirc;me pas encore allum&eacute;. Il est 16h15 lorsque je me r&eacute;veille, un peu vaseux d&#039;avoir trop bien dormi. Je lance le film, La M&eacute;moire dans la Peau. Matt Damon r&eacute;cup&egrave;re bien pour quelqu&#039;un avec deux balles dans la peau.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A 18h00, je gagne le foyer. Nicolas me rejoint, il prend un soda local, je pr&eacute;f&egrave;re une bi&egrave;re, locale elle-aussi, la Castel, au go&ucirc;t plus floral que la Gala. Inutile de chercher d&#039;autres alcools que de la bi&egrave;re. Le choix est vite fait, Gala ou Castel, cette semaine exceptionnellement de la Heineken. Elle est deux fois plus ch&egrave;re que les deux premi&egrave;res, 1 000 contre 500 francs CFA. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le d&icirc;ner est plus simple que le midi, je me contente d&#039;une petite salade compos&eacute;e et d&#039;un yaourt. Je ferme les yeux en passant devant le d&eacute;sert, des &icirc;les flottantes.  &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Peu, sinon aucun divertissement sur la base, m&ecirc;me un dimanche soir. Je regagne ma chambre pour mettre &agrave; jour mon blog.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>NEUVIEME JOUR</dc:subject>
</item>
<item rdf:about="http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_3.html#a329680">
<title>DIXIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_3.html#a329680</link>
<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Lundi, 13 d&eacute;cembre, 05h30, mon t&eacute;l&eacute;phone sonne. Ce n&#039;est que le r&eacute;veil. Aujourd&#039;hui grande c&eacute;r&eacute;monie des couleurs, tout le monde se rassemble devant le mat des couleurs, nous formons les carr&eacute;s, les couleurs nationales montent, nous entamons d&#039;une seule voix la Marseillaise. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je laisse mes camarades partir en sport pour un tour de la piste d&#039;atterrissage, encore un peu long pour moi qui est encore en phase d&#039;acclimatation.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A 08h00, grand rapport, le comdet r&eacute;unit autour de lui tous les chefs de service et passe en revue les probl&egrave;mes en cours et l&#039;emploi du temps pr&eacute;visionnel. Discussion assez technique o&ugrave; je me sens un peu &eacute;tranger. La prochaine MR, pr&eacute;vue fin de semaine, mobilise l&#039;attention de tous. Ce sera une grosse MR partant &agrave; la fois de N&#039;DJAMENA et de ABECHE. PROTERRE, COS, KOUDOU, m&ecirc;me les ERC 90 Sagaie seront de sortie. Le potentiel des v&eacute;hicules en prendra un coup.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Jean-Marc revient de sa courte MR vers 09h00. Il a pass&eacute; une nuit sur le terrain avec une section PROTERRE, ils ont mang&eacute; de la piste et de la poussi&egrave;re, quelques poulets grill&eacute;s au feu de bois le soir et retour. Une excursion quoi, mais le cul dans un GBC, l&#039;arme aux c&ocirc;t&eacute; et le gilet pare-&eacute;clat et le casque lourd &agrave; port&eacute;e de main.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Au menu du d&eacute;jeuner, &eacute;minc&eacute; de dinde, &icirc;les flottantes, tartes aux pommes. Encore un fois, je fais l&#039;impasse sur les d&eacute;serts. Jusqu&#039;&agrave; quand tiendrais-je ?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le tableau d&#039;avancement de l&#039;arm&eacute;e de terre a &eacute;t&eacute; publi&eacute;, satisfaction pour de rares &eacute;lus, d&eacute;sillusion pour les autres. Un pot impromptu est organis&eacute; au point &eacute;nergie. Nous sommes cinq ou six &agrave; payer notre tourn&eacute;e. Je ne vais pas manger, je me contente de cacahu&egrave;tes. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Vers 21h30, Jean-Marc et moi allons faire une ronde en ville. Nous passons devant un bar de nuit r&eacute;put&eacute; accueillant, CHEZ LES CHINOISES. Je ne sais pas quel est son nom officiel mais tout le monde l&#039;appelle ainsi. Il doit sa d&eacute;nomination &agrave; la pr&eacute;sence dans ses murs de quelques masseuses ( ? ) chinoises, et plus si affinit&eacute;s. Il est l&#039;un des point de chute des militaires de la base et des personnels de la MINURCAT. Il se cache au bout d&#039;une rue &agrave; la chauss&eacute;e d&eacute;fonc&eacute;e, derri&egrave;re de hauts murs et un portail de fer clos, sans que rien ne le d&eacute;marque des autres immeubles. L&#039;&eacute;tablissement est presque vide, quelques tchadiens les filles sur les genoux, deux civils de l&#039;ONU au bar, deux militaires de la base qui boivent tranquillement une bi&egrave;re &agrave; une table. Le bar est d&#039;un d&eacute;nuement monastique. Une envie pressante me saisit. Je visite les toilettes, un po&egrave;me d&#039;odeurs et de couleurs. Tout est calme. Nous regagnons le camp CROCI.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>DIXIEME JOUR</dc:subject>
</item>
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<title>ONZIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_3.html#a329682</link>
<description>&lt;p align=&quot;LEFT&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Mardi, 14 d&eacute;cembre, 06h15, je me l&egrave;ve pour une nouvelle s&eacute;ance de footing autour du camp. Je commence &agrave; prendre mes habitudes. Cinq tours d&#039;enceinte, quelques &eacute;tirements, vingt &laquo;&nbsp;pompes&nbsp;&raquo;, je prends une douche et je vais d&eacute;jeuner. On peut sortir de la base pour faire courir autour de la piste d&#039;atterrissage, mais il faut &ecirc;tre au moins deux, et conna&icirc;tre le parcours.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;LEFT&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Aujourd&#039;hui, le comanfor et toute une brochette d&#039;officiels viennent en inspection. Ils arrivent en TransalL de N&#039;DJAMENA.  Arriv&eacute;e pr&eacute;vue &agrave; 08h45. Jean-Marc et moi en profitons pour emmener notre P4 au garage pour poursuivre l&#039;entretien de 1er &eacute;chelon.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;LEFT&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L&#039;avion est en avance, il arrive alors que nous avons encore les mains pleines de cambouis. Tant pis, ils se passeront de nous.  D&#039;ailleurs, nous ne sommes pas concern&eacute;s par cette inspection.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;LEFT&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Au repas du midi, on nous sert des cuisses de canette, tendres et d&eacute;licieuses.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>ONZIEME JOUR</dc:subject>
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<title>DOUZIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_3.html#a329683</link>
<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Mercredi, 15 d&eacute;cembre, Jean-Marc et moi repartons en ville pour essayer de rencontrer le juge d&#039;instruction. Nous en profitons pour reconna&icirc;tre la ville. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Les avenues se remplissent &agrave; fur et &agrave; mesure que nous approchons du centre-ville, pi&eacute;tons, plus souvent sur la chauss&eacute;e que sur les trottoirs encombr&eacute;s d&#039;&eacute;choppes, motocyclettes de marques inconnues, triporteurs &agrave; moteur, 4X4, tous caboss&eacute;s.  Des ruelles s&#039;ouvrent &agrave; notre gauche et &agrave; notre droite, d&eacute;voilant des maisons basses de terre crue, certaines effondr&eacute;es, des cahutes de bric et de broc, des all&eacute;es de terre battue encombr&eacute;es d&#039;ordures. Des cyclomoteurs en jaillissent sans m&ecirc;me un regard pour la circulation dans laquelle ils s&#039;insinuent. A mesure que nous approchons du centre,  des b&acirc;timents anciens apparaissent, &agrave; l&#039;aspect tr&egrave;s colonial, beaucoup sont des administrations, palais de justice, mus&eacute;e, pr&eacute;fecture. Les autres sont des magasins, des garages, des &eacute;choppes. Peu d&#039;habitations, elles doivent &ecirc;tre en retrait, dans les ruelles, les venelles, les arri&egrave;res-cours. Les seules constructions en hauteur sont les minarets des mosqu&eacute;es.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Toute la ville est couleur poussi&egrave;re, les maisons de terre crue, le sol, le goudron de la chauss&eacute;e que le sable recouvre petit &agrave; petit. Peu de teintes vives ou bien elles sont effac&eacute;es par le soleil. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Apr&egrave;s le quartier-g&eacute;n&eacute;ral de la force mixte soudano-tchadienne, nous bifurquons &agrave; droite. La chauss&eacute;e redevient de la terre battue, assez plane encore. Jean-Marc s&#039;engage dans une br&egrave;che ouverte dans un mur, la caserne de la gendarmerie tchadienne. Des &eacute;paves de camions bleus, marqu&eacute;s pour certain GENDARMERIE, attestent du lieu. Quelques militaires et encore plus de civils patientent &agrave; l&#039;ombre de rares arbres. Les b&acirc;timents sont peints d&#039;un jaune vif, on les croirait presque r&eacute;cents. Nous louvoyons entre des tas de sable et de terre, destin&eacute;s &agrave; remblayer les trous de la cour. Nous passons devant la brigade de recherches, une certaine activit&eacute; y r&egrave;gne. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous allons visiter le commandant de la r&eacute;gion de gendarmerie. Son bureau ne d&eacute;pare en rien du reste de la caserne. Il est absent, nous sommes accueillis par Fran&ccedil;ois, son secr&eacute;taire. En entrant dans la pi&egrave;ce, je suis frapp&eacute; par son d&eacute;nuement extr&ecirc;me. Trois vieux bureaux, une chaise, quelques feuilles de papier sur un meuble. Rien d&#039;autre. Si les murs ext&eacute;rieurs brillent d&#039;une peinture presque neuve, l&#039;int&eacute;rieur n&#039;a pas d&ugrave; &ecirc;tre repeint depuis longtemps. Jean-Marc m&#039;assure que le bureau du colonel, commandant la l&eacute;gion, n&#039;est pas mieux garni. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ici l&#039;Afrique perd d&eacute;finitivement son charme traditionnel, son c&ocirc;t&eacute; folklorique. Sa pauvret&eacute;, sa mis&egrave;re me sautent aux yeux. On peut s&#039;attendre &agrave; ce que les couches basses de la population vivent dans des conditions tr&egrave;s rigoureuses, tout en pensant que certaines &eacute;lites, certains corps de l&#039;&eacute;tat b&eacute;n&eacute;ficient de quelques conforts. Je me rends compte qu&#039;il n&#039;en est rien. La pauvret&eacute; est &agrave; tout les stades de la soci&eacute;t&eacute;, elle frappe le humble civil comme le plus illustre militaire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous repartons. Jean-Marc quitte l&#039;avenue centrale et s&#039;engage vers le march&eacute; aux bestiaux. Le centre-ville donnait encore l&#039;impression d&#039;un certain modernisme avec ses murs de parpaings, son pavage de macadam, ses lampadaires flambant neufs, sa circulation p&eacute;taradante. Nous plongeons vraiment dans l&#039;archa&iuml;sme africain subsaharien. Plus rien, ou presque, ne nous rattache &agrave; notre r&eacute;alit&eacute;, quelques habits &agrave; l&#039;europ&eacute;enne encore, un rare v&eacute;hicule, quelques touches de couleurs criardes. Les habitations sont d&eacute;finitivement de terre crue, construites anarchiquement, se m&ecirc;lant les unes aux autres. L&#039;odeur de la viande que l&#039;on grille sur des foyers &agrave; feu ouvert, &agrave; m&ecirc;me le sol, vient chatouiller nos narines et nous all&egrave;cherait presque. Une place s&#039;ouvre devant nous, le march&eacute; aux bestiaux, s&#039;y c&ocirc;toient des &acirc;nes, des chevaux, des vaches, quelques dromadaires. Les animaux ne semblent pas au mieux de leur condition. Les affaires sont calmes,on ne s&#039;y bouscule pas.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Notre P4 louvoie entre des arbres et des maisons effondr&eacute;es, guid&eacute;e par un vol de milans. Nous longeons les murs de l&#039;abattoir. Le sol est jonch&eacute; de d&eacute;chets en voie de d&eacute;composition, ou plut&ocirc;t de dess&egrave;chement, tas de vieilles peaux miteuses, tas de carcasses, tas d&#039;os, tas de cr&acirc;nes, tas de sabots. De petits groupes de femmes sont occup&eacute;s &agrave; nettoyer des entrailles. L&#039;odeur est prenante mais sans &ecirc;tre &eacute;pouvantable. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous filons vers la sortie ouest de la ville. Nous passons l&#039;universit&eacute; franco-arabe, un b&acirc;timent d&#039;une certaine ampleur. Des &eacute;l&egrave;ves en chemises bleues en sortent. Au-del&agrave;, la ville s&#039;&eacute;largit et les maisons se rar&eacute;fient pour laisser la place &agrave; des chantiers de constructions modernes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Mon t&eacute;l&eacute;phone sonne. Un v&eacute;hicule tchadien du DIS vient d&#039;arracher une partie du r&eacute;seau de barbel&eacute;s de la base. Nous nous transportons sur place. Il nous faut retraverser la ville dans toute sa longueur. Ici pas question de gyrophare et d&#039;avertisseur sonore, nous n&#039;avons aucune priorit&eacute;. Nous nous h&acirc;tons au gr&eacute; de la circulation locale. Nous passons devant un petit b&acirc;timent blanc o&ugrave; nous reconnaissons le sigle de la banque SOCIETE GENERALE. Jean-Marc s&#039;arr&ecirc;te pour aller retirer de l&#039;argent au DAB. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous longeons l&#039;enceinte sud de la base, par la piste qui m&egrave;ne &agrave; la MINURCAT. Un 4X4 TOYOTA blanc est arr&ecirc;t&eacute; &agrave; contresens sur la gauche de la piste. Son pneu arri&egrave;re gauche est emm&ecirc;l&eacute; dans le r&eacute;seau barbel&eacute;s du merlon qu&#039;il a en partie arrach&eacute;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Les constatations sont claires, le conducteur a perdu le contr&ocirc;le de son v&eacute;hicule, s&#039;est d&eacute;port&eacute; sur la gauche pour escalader le merlon et retomber sur la chauss&eacute;e, arrachant au passage une longueur de barbel&eacute;s.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Pas de bless&eacute;, peu de d&eacute;g&acirc;ts au 4X4, quelques m&egrave;tres de  barbel&eacute;s  en moins pour nous, rien de bien grave ni de tr&egrave;s sensationnel. Un inspecteur du DIS arrive sur place. Il dresse proc&egrave;s-verbal, il le fait avec un certain professionnalisme. Nous l&#039;assistons de notre mieux. Nous lui promettons les photos que nous avons prises. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Sur le merlon, le COMSECU et l&#039;ADU PROTERRE s&#039;affairent &agrave; r&eacute;parer les d&eacute;g&acirc;ts &agrave; l&#039;enceinte. On rel&egrave;ve le r&eacute;seau arrach&eacute;, on le renforce par du fil rasoir. Muni d&#039;un coupe-boulon, je d&eacute;gage le barbel&eacute; pris dans la roue du 4X4. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le soleil monte dans le ciel, il devient br&ucirc;lant. Les militaires travaillent sans coiffure. Ils n&#039;ont pas peur de l&#039;insolation.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous rentrons vers 12h20, je fr&ocirc;le l&#039;hypoglyc&eacute;mie. Je m&#039;abreuve &agrave; longs traits. Je me sens mieux apr&egrave;s le repas.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ce soir, le COMDET offre un pot aux militaires inscrits au tableau d&#039;avancement. J&#039;en suis. Rendez-vous &agrave; 18h30 dans sa guitoune, une salle joliment d&eacute;cor&eacute;e o&ugrave; il mange avec les autres officiers et invite &agrave; l&#039;occasion. Champagne de rigueur et discussion feutr&eacute;e.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>DOUZIEME JOUR</dc:subject>
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<title>TREIZIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_3.html#a330001</link>
<description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Jeudi, 16 d&eacute;cembre, 05h15, mon r&eacute;veil sonne. Je pars pour mon footing autour de la base. Je d&eacute;pose mon linge &agrave; la &laquo;&nbsp;buanderie&nbsp;&raquo; de la base. Nous le transportons dans de grandes bassines multicolores, tr&egrave;s africaines. Qui aura le courage de la porter sur sa t&ecirc;te en balan&ccedil;ant ses hanches ?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Une section PROTERRE revient du stand de tir. Les soldats sont d&eacute;sappoint&eacute;s, le seul missile MILAN qu&#039;ils devaient tirer &agrave; fait long feu. Il a &eacute;t&eacute; d&eacute;truit sur place par les artificiers.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Avec Jean-Marc nous repartons en ville. Le palais de justice semble en &eacute;tat de si&egrave;ge. Personne devant l&#039;entr&eacute;e, sinon des militaire en armes accroupis sur le sol. Dans le hall, d&#039;autres militaires et quelques civils qu&#039;un colonel pousse dans une salle. Le juge d&#039;instruction nous re&ccedil;oit. Son bureau est aussi d&eacute;muni que celui du commandant de la l&eacute;gion de gendarmerie. Je ne vois aucun ordinateur, ni m&ecirc;me une antique machine &agrave; &eacute;crire. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous faisons avec lui le point sur la commission rogatoire internationale dont il est saisi par son confr&egrave;re fran&ccedil;ais du tribunal aux arm&eacute;es de Paris. Il pense le cl&ocirc;turer pour la fin janvier. Nous l&#039;assurons de notre soutien et de notre aide.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Sur le chemin du retour, pr&egrave;s de la base, nous nous &eacute;garons dans quelques ruelles poussi&eacute;reuses &agrave; la recherche du SHANGAI, une pizz&eacute;ria fr&eacute;quent&eacute;e occasionnellement par les militaires fran&ccedil;ais de la base. Nous sommes accueillis par la patronne, une jeune camerounaise enceinte jusqu&#039;aux yeux. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt; &lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Jean Marc re&ccedil;oit un colis de sa famille, saucisson sec, saucisson &agrave; l&rsquo;ail, deux terrines de p&acirc;t&eacute;s et un fromage &eacute;poisse qui semble avoir bien r&eacute;sist&eacute; au voyage. Il ne sent encore pas trop. Pour accompagner ce repas de f&ecirc;te, des garnitures en cons&eacute;quences, quelques guirlandes et boules de No&euml;l dont il d&eacute;core imm&eacute;diatement le bureau de la brigade. Cerise sur le g&acirc;teau, Jean Marc exhibe de son colis des cornes de renne en peluche dont il s&rsquo;orne aussit&ocirc;t le front. Quel Rodolphe ce Jean Marc.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ce soir, comme tout les jeudis, l&rsquo;ordinaire est ferm&eacute;. Nous mangeons sur la terrasse du foyer des plats pr&eacute;par&eacute;s &agrave; l&rsquo;avance par nos cuisiniers et qui sont servis &agrave; tour de r&ocirc;le par les diff&eacute;rents services du camp. Aujourd&rsquo;hui, les pr&eacute;v&ocirc;ts ci-collent, avec le COMTRANSIT, les ACM et les MCM. Au menu, salades, taboul&eacute;, tarte aux poireaux, cr&ecirc;pe jambon fromage, tarte au thon, glace. Je suis au poste tarte aux poireaux et cr&ecirc;pe au jambon. Je rencontre un certain succ&egrave;s avec les cr&ecirc;pes, un peu moins avec la tarte. Jean Marc a aussi du mal &agrave; liquider son taboul&eacute;. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Sur un mur blanc, un adjudant des transmissions projette des clips de musique. Je d&eacute;couvre PUSSY du groupe RAMSTEIN, c&rsquo;est chaud, tr&egrave;s chaud, tr&egrave;s tr&egrave;s chaud, tr&egrave;s XXXX, tr&egrave;s Ramstein et tr&egrave;s allemand en fin de compte.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>TREIZIEME JOUR</dc:subject>
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<item rdf:about="http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_3.html#a330002">
<title>QUATORZIEME JOUR</title>
<link>http://ungendarmeautchad.blogit.fr/page_3.html#a330002</link>
<description>&lt;p align=&quot;CENTER&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;QUATORZIEME JOUR&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;CENTER&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;vendredi, 17 d&eacute;cembre, aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est soir&eacute;e pizzas chez les pompiers. Ils sont quatre pompiers de l&rsquo;air qui assurent la s&eacute;curit&eacute; incendie des avions fran&ccedil;ais et du camp. Derri&egrave;re leur garage o&ugrave; stationnent leur deux camions, ils ont une popote, un point d&rsquo;eau, une sorte d&rsquo;annexe du foyer o&ugrave; l&rsquo;on peut consommer en petits comit&eacute;s. Comme toutes les popotes, c&rsquo;est fabriqu&eacute; de bric et de broc, un comptoir avec l&rsquo;&eacute;ternel douille-cloche, quelques tabourets, parfois des tables. Plus loin, un superbe combin&eacute; four &agrave; pizza-barbecue. Les braises rougeoient d&eacute;j&agrave; &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le fonctionnement d&rsquo;une soir&eacute;e pizzas est le suivant. Les invitants payent une tourn&eacute;e &agrave; tous ceux qui viennent. On &eacute;tale tous les ingr&eacute;dients propres &agrave; confectionner une pizza et chacun fait la sienne &agrave; sa guise, en commen&ccedil;ant par &eacute;taler la p&acirc;te qui arrive en p&acirc;tons. &lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le probl&egrave;me est qu&rsquo;il n&rsquo;y a que six plateaux &agrave; pizza pour plusieurs dizaines de convives. Il faut presque se battre pour en r&eacute;cup&eacute;rer un. Je r&eacute;ussis malgr&eacute; tout &agrave; faire ma pizza. Malgr&eacute; la chaleur du four, elle met assez longtemps &agrave; cuire mais n&rsquo;est finalement pas trop mauvaise. Je la partage avec d&rsquo;autres.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
<dc:subject>QUATORZIEME JOUR</dc:subject>
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